Laurent Wauquiez vient d’annoncer sa démission du poste de président des Républicains.

Nous saluons le courage et le panache d’une telle décision qui, à de nombreux égards, va à l’encontre des parcours typiques et des ambitions habituelles de notre personnel politique, et constitue un exemple pour nombre d’entre nous.

Cette décision peut être interprétée comme la seule issue qui s’ouvrait à lui face à la crise ouverte par la douloureuse défaite aux élections européennes il y a une semaine. Elle peut également être interprétée comme un sacrifice qui permettra à notre parti de refonder une base saine pour renouer avec le succès aux prochaines élections.

Il appartiendra à l’histoire de juger si ceux qui ont appelé à sa démission, entraînés dans l’effrayante spirale du doute, du défaitisme et de la désunion, ayant choisi de prêter l’oreille à un monde médiatique parisien qui avait fait de lui depuis longtemps sa bête noire, et, pour la plupart d’entre eux, mus par des motifs qui ne sont pas dénués d’arrière-pensées, auront rendu ou non un service à notre grand et beau parti.

Car, s’il est indéniable que la personnalité du chef influe très largement sur le succès du parti qu’il dirige, s’il est également naturel que le chef tire toutes les conséquences des résultats son action, la mise en cause de la personne de Laurent Wauquiez aura-t’elle constitué le bon diagnostic ? Etait-il pertinent de conclure que nous n’avions pas le bon chef ? Les causes de nos maux ne se trouvent-elles pas ailleurs ?

La question est d’importance car ce qui nous importe désormais est de restaurer la grandeur de notre parti, de rétablir sa capacité à remporter des élections à la mesure de la force et de la justesse des valeurs qu’il porte pour notre pays et de l’immense crédit dont il bénéfice auprès de notre peuple.

Dans la situation dans laquelle nous sommes, c’est-à-dire au bord de l’abîme où nous pouvons verser à tout moment, notre capacité à observer les règles immuables de la reconquête s’avèrera, comme toutes les leçons de l’histoire nous l’enseignent, décisive. Ces règles sont simples à comprendre, bien que nous n’ignorons pas qu’elles puissent se révéler difficiles à mettre en œuvre pour un personnel politique qui ne les a pas toujours adoptées comme boussoles :

D’abord, le rassemblement. La désunion est notre plus mortel ennemi et le plus fidèle allié de ceux qui ont entrepris de nous détruire. Nous devons tous travailler ensemble, quelles que soient les rivalités individuelles, les querelles périmées et les batailles intestines. Si certains d’entre nous n’y sont pas prêts, notre destin sera scellé et nous serons relégués pour de longues années à un rôle subalterne.

Ensuite, le projet. Nos valeurs et nos idées sont les meilleures pour notre pays. Leur diversité, leur potentiel et leur mesure, leur aptitude unique à conjuguer l’adaptation au monde de demain et la protection de notre identité et de notre culture, dépassent de très loin tout ce qui anime le paysage politique d’aujourd’hui – et offrent un contraste saisissant avec la simplification outrancière et abrutissante que tentent de nous infliger ceux qui oeuvrent à engloutir l’ »ancien monde ». Il nous revient la responsabilité de construire un projet convaincant et de le rendre audible par notre peuple.

Enfin, l’audace. Osons ensemble tout ce à quoi nous avions renoncé. Renouons avec la prise d’initiative qui a fait de notre parti dans le passé un si grand contributeur au génie de la France. Abandonnons les postures défensives et le nombrilisme dans lesquels nos adversaires tentent de nous confiner. Nous savons ce que nous pouvons apporter à notre pays, nous savons la puissance des valeurs du peuple français qui inspirent nos pas !

Respectons ces trois règles. Nous pourrons alors faire en sorte que le geste de Laurent Wauquiez n’ait pas été qu’une vaine péripétie de plus d’une affligeante série.

Nicolas Bonleux

Monsieur Wauquiez, votre geste a beaucoup de noblesse – que serons-nous capables d’en faire ?

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