Notre parti les Républicains se trouve à un moment crucial de son histoire, où tout peut basculer soudainement vers le pire.

La récente démission du Président Laurent Wauquiez et la défection de certains de nos autres chefs, consécutives à un échec d’une ampleur jusqu’alors inégalée aux élections européennes, ont semé le doute dans notre électorat. Certains se posent à juste titre la question de savoir si notre Parti sera capable de démontrer la solidité, la créativité, et l’excellence stratégique qui lui seront nécessaires pour jouer le rôle qui lui échoit dans la vie politique de notre République.

Ce doute peut, s’il se propage chez nos électeurs, aboutir très rapidement à la fin de l’existence politique de notre parti. Ceci constituerait une irrémédiable perte pour notre démocratie tant la capacité de notre parti est unique de proposer et défendre des positions qui conjuguent mesure, audace et pragmatisme, et tant il a contribué de façon décisive à de très nombreux succès de notre pays.

Personne ne connaît l’avenir mais une chose me paraît certaine, à moi qui y milite depuis plus de vingt ans : si nous continuons à faire ce que nous avons toujours fait, nous verserons dans l’abîme.

Nous devons revoir de fond en comble la façon dont nous fonctionnons. J’ai le plus grand respect pour les aspects institutionnels de la gouvernance de notre parti, ses statuts, ses instances de délibération et ses processus de décision, hérités de plusieurs décennies de fonctionnement et façonnés par la sagesse issue des épreuves qu’il a traversées.

Mais il est de notre devoir de reconnaître que cette gouvernance est l’une des raisons qui nous a conduits où nous sommes aujourd’hui. Elle pouvait être adaptée à une certaine époque, elle ne l’est plus aujourd’hui. Cette gouvernance doit être revue elle aussi, faute de quoi nous continuerons, imperturbables, sur la trajectoire qui nous mène droit au précipice.

Notre capacité collective à accepter –ou à refuser- ce constat très simple constituera sans aucun doute un élément essentiel de la capacité de notre parti à résister –ou non- à la disparition. Les voix s’élèvent de toutes parts en notre sein pour dénoncer les pesanteurs de fonctionnement, l’insuffisance de l’écoute que nos organes décisionnaires accordent à ceux d’entre nous qui proposent des changements radicaux, la répugnance des différents niveaux de direction à renoncer à des prérogatives ou à des statuts qu’ils ont mis toute une vie militante à conquérir. Ces voix s’élèvent depuis longtemps. Nous arrivons au dernier moment de notre histoire où nous pouvons les entendre.

Sans mettre personne en cause, sans pointer du doigt quiconque, sans critiquer un fonctionnement qui a eu sa logique et son succès dans le passé, je dis simplement et humblement aujourd’hui à tous ceux qui exercent une partie du pouvoir de décision dans notre parti : changez notre gouvernance. Agrégez toutes les bonnes volontés. Faites en sorte que les immenses ressources et les immenses énergies dont regorge notre parti soient employées à bon escient à servir notre cause commune. Ne laissez pas les considérations et les statuts hérités d’un passé désormais révolu déformer la vision de la réalité d’aujourd’hui. Faites appel à tous ceux qui veulent contribuer au renouveau.

Si nous y parvenons, nous perpétuerons la glorieuse histoire qui a fait de nous un pilier essentiel du développement de la France. Si nous échouons, nous irons partager la destinée de l’autre parti que notre Président de la République, à défaut d’avoir réussi à changer notre société et d’avoir tourné la page de ce qu’il appelait l’ancien monde, a transformé en dinosaure et dont il éteint progressivement l’espèce.

Nicolas Bonleux

Les Républicains : la révolution ou l’extinction

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