Cette semaine, le sénat a décidé d’autoriser le port du voile pour les accompagnatrices de sorties scolaires. Nous apprenons également qu’un lycée d’Ile-de-France laisse décider les parents dont les enfants suivent le ramadan s’ils doivent ou non payer leur contribution à la cantine. Nous ne comptons plus le nombre de bâtiments publics qui doivent se parer des couleurs à la gloire des LGBT.

Ce ne sont que quelques exemples parmi de nombreux autres de la façon dont nos institutions républicaines, pourtant censées oeuvrer à l’unité de notre nation, apportent en réalité leur contribution à la satisfaction, voire à la glorification, des revendications catégorielles de privilèges par différentes minorités.

Il est bien entendu que chacun en France a le droit, en toute liberté, d’adopter la religion, l’orientation sexuelle ou toute autre forme d’opinion ou de positionnement, de son choix. Je suis également un des premiers à me féliciter qu’un tel choix ne soit plus, comme il avait pu l’être parfois dans le passé, pour ceux de nos concitoyens qui le font, la raison de brimades, de mises à l’écart ou de quelque forme de discrimination sociale que ce soit.

Mais il ne s’agit plus depuis bien longtemps, dans les exemples cités en introduction, d’un droit à la liberté de religion ou à la liberté d’orientation sexuelle. Il s’agit désormais de revendications de privilèges catégoriels. Ne nous y trompons pas: les privilèges catégoriels ne sont pas les amis de notre République. Ils en sont les ennemis. Les communautarismes qui les revendiquent n’ont aucune intention d’améliorer le destin commun de notre République. Ils n’ont comme seule ambition que l’étroit objectif d’oeuvrer à accroître l’influence de la catégorie qu’ils défendent. Ceux qui ne font partie des catégories qu’ils défendent n’ont aucune place dans leur vision de notre Société.

C’est exactement pour abolir les privilèges -qui concernaient alors les trois classes de la population- que notre République a été établie. Cette mission première a perduré depuis sa fondation il y a plus de deux cent ans et doit continuer à guider nos institutions.

De quel droit imposons-nous à l’immense majorité de nos concitoyens, ceux qui exercent leur religion sans agresser personne, ceux qui vivent leur orientation sexuelle sans exiger qu’elle soit publiquement imposée à la vue de tous, ceux qui souhaitent tout simplement le développement d’une société unie et harmonieuse, le triste étalage de passions catégorielles qui n’intéressent qu’une frange certes remuante, mais infime, de notre population ? Nos institutions ne devraient-elles pas être les garantes de cette République qui a tellement besoin qu’on travaille à la restauration de l’ensemble de notre corps social, au lieu de le lacérer à chaque occasion ?

Nicolas Bonleux

Quand cesserons-nous de glorifier la revendication des privilèges catégoriels par les minorités ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *