Les épisodes de canicule traversés par la France cet été ont jeté une nouvelle fois une lumière crue sur le besoin que l’humanité a d’améliorer la soutenabilité de son développement pour notre planète.

Dans ces interactions très complexes entre l’activité humaine et l’évolution de notre planète, où l’estimation de l’impact de la première sur la deuxième est loin d’être une science exacte, une réalité immuable demeure et se fait chaque jour plus clairement aux yeux d’un nombre croissant de nos concitoyens : les ressources de notre terre ne sont pas infinies, et un développement harmonieux de notre espèce avec son environnement commande une recherche permanente de frugalité et de sobriété.

Que les mêmes qui avaient prôné naguère de jouir sans entrave s’émeuvent aujourd’hui que la population humaine consomme trop, qu’ils hystérisent désormais le débat à des fins électorales ou qu’ils recourent à des effigies improbables pour donner des leçons à la terre entière n’y changera rien : notre devoir a toujours été, et sera toujours, de nous organiser et de nous discipliner afin que le développement du bien-être des humains ait lieu de manière respectueuse de notre environnement. Le bien-être des humains passe aussi, et passera de plus en plus, par la protection de la nature qui nous entoure, voire par la réparation des dégâts que nous lui avons causés.

Ce constat ne date pas d’hier et a été, en France, pris très au sérieux depuis longtemps.

L’on peut aujourd’hui se féliciter du fait que nombreuses initiatives, dans de nombreux secteurs, ont été entreprises qui modifieront en profondeur notre capacité à nous développer sans endommager l’environnement, dont les résultats se matérialiseront d’ici quelques décennies. Ainsi pour ne citer que quelques exemples parmi la multitude d’actions menées, mentionnons les moyens de transport –route, fer, mer, air- qui auront adopté une technologie de propulsion totalement propre, à base d’hydrogène, à un horizon désormais visible. Il est toujours délicat d’essayer de situer dans le futur le moment d’une révolution majeure, mais nous pouvons raisonnablement escompter que, d’ici 2050, plus aucun moyen de transport polluant ne sera mis en service, au moins dans les pays qui concentreront d’ici là l’immense majorité des véhicules, avions et navires (Etats-Unis, Europe, Chine, Inde). Autre exemple dans un registre à dessein totalement différent, le changement des attitudes de consommation en Europe de l’Ouest, notamment pour ce qui concerne les emballages et la gestion des déchets. Dernier exemple, la génération d’énergie renouvelable, dont l’essor –éoliennes terrestres, éoliennes marines, panneaux solaires pour ne citer qu’eux- laisse désormais entrevoir le moment où la France pourra abandonner les énergies fossiles pour produire l’énergie dont elle a besoin.

Il reste cependant quelques aspects de notre développement dont l’adaptation à un mode respectueux de l’environnement subit des accrocs, accrocs d’autant plus frustrants qu’ils sont causés par l’Etat français. L’agriculture est l’un d’entre eux. L’agriculture constitue par excellence l’un des domaines où la soutenabilité du développement est un impératif à plusieurs titres : qualité de l’alimentation, suffisance alimentaire, changement climatique, ressources hydriques, diversité de la faune et de la flore…. Difficile d’imaginer une activité française dont l’avenir est plus intimement lié à sa capacité à s’inscrire dans une trajectoire en parfaite harmonie avec les besoins de notre environnement !

Et pourtant notre gouvernement poursuit la conclusion et la ratification d’accords internationaux qui ne peuvent, par la situation de concurrence déloyale dans laquelle ils plongent nos agriculteurs, que ralentir leur transition vers des modes d’exploitation plus verts – sans compter les distorsions de marché qu’ils créent pour ce secteur économique dont il n’est plus besoin de rappeler qu’il est aux prises avec des conditions structurelles et conjoncturelles incroyablement difficiles. En effet, des accords comme le CETA conclu avec le Canada ou comme celui en cours de finalisation avec le Mercosur reviennent à accepter, de la part des agriculteurs étrangers, un niveau de respect des normes environnementales moindre que celui exigé des agriculteurs français.

Il s’agit ici encore d’une déviance du dogme ultra libéral de notre gouvernement, dont le discernement est voilé par des considérations de posture internationale qui bénéficieront peut-être à certains de ses dirigeants, mais certainement pas à l’ensemble de notre peuple.

Quel dommage que le concert de la bien-pensance médiatique ne donne pas autant de voix pour cette cause que pour les leçons d’adolescentes étrangères qui oublient d’aller à l’école !

Nicolas Bonleux

Notre développement soutenable

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *