La macronie ne faisait plus illusion depuis longtemps déjà. La poussière avait tardé à retomber complètement, mais elle ne masquait plus que des détails.

Le nouveau monde appelé de ses voeux par E. Macron, et sur la promesse duquel il a été élu il y a bientôt trois ans Président de la République, entamait un lent et pénible naufrage dès quelques mois après son élection. La clé de voûte de son programme, la modernisation de notre pays, s’est affaissée définitivement lorsqu’il a plongé la réforme maîtresse de son quinquennat, la réforme des retraites, dans une confusion telle qu’il est désormais impossible de comprendre quel en sera le résultat.

En parallèle, il a soulevé la colère de notre peuple, et continûment bafoué son honneur, son histoire, son identité et ses institutions. Il a mené une politique socialiste dans la droite ligne de son mentor F. Hollande, en augmentant les dépenses publiques, en perdant le contrôle de l’immigration, en laissant dériver la situation sécuritaire de notre pays et en en attisant les communautarismes.

Il restait jusqu’à cette semaine dans cet édifice en ruines un dernier carreau fêlé, vacillant mais encore debout : les membres d’une équipe rapprochée qui avait été présentée comme celle des origines, partageant la vision du maître pour une rénovation ambitieuse et radicale de la vie politique et sociétale de notre pays, et engagée à ses côtés pour la matérialiser.

Ce carreau fêlé a chu et s’est, comme le reste de l’édifice avant lui, brisé cette semaine, alors que l’un des membres les plus éminents de cette équipe s’est révélé être ce qu’il était, c’est-à-dire un homme politique de l’ancien monde –en l’occurrence issu, comme l’immense majorité d’entre eux, du parti socialiste- qu’E. Macron avait tenté de recycler dans le parti qu’il avait créé.

Il n’est pas question ici de cacher notre indignation devant l’abjection du traitement dont a fait l’objet B. Griveaux. Je le condamne fermement –d’autant plus fermement que je ne partage aucune forme de sympathie politique avec B. Griveaux- et je demande la plus lourde peine pour ceux qui s’en sont rendus coupables.

Il n’est pas question ici non plus d’engager le débat sur le fait que se livrer à des trivialités aussi basses que celles dont B. Griveaux s’est montré capable soit de nature ou non à discréditer définitivement tout candidat à un poste à responsabilité.

Il me paraît important de souligner, en revanche, que quelles que soient les positions des uns et des autres sur les deux points ci-dessus, un aspect primordial demeure : B. Griveaux apparaît au grand jour comme un digne représentant de l’ancien monde, ce qu’il n’a jamais cessé d’être, ni lui ni ses coéquipiers. L’épisode B. Griveaux est la dernière étape de la clôture d’une séquence commencée en fanfare il y a trois ans et dont le souffle n’a fait que s’amenuiser depuis : la séquence du nouveau monde est définitivement close. Les Français peuvent maintenant juger sur pièces de ce pour quoi ils avaient voté, et de ce qu’ils ont eu.

Le temps est venu pour la droite de reprendre la main et d’amorcer le processus qui sortira notre peuple de la situation où E. Macron l’a plongée.

Nicolas Bonleux

La chute du dernier carreau fêlé de la macronie

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