Notre exécutif a commis une erreur patente dans sa gestion de la crise du coronavirus. Avec les deux annonces du président le 12 mars au soir et du premier ministre le 14 mars au soir, dont la deuxième édictait des mesures beaucoup plus sévères que la première, il apparaît désormais aux yeux de tous que nos dirigeants sont dépassés par le rythme des évènements.

Entendons-nous bien : il revient à nos dirigeants de gérer cette crise au mieux des intérêts de notre peuple. Il ne s’agit pas ici de leur contester cette prérogative, même si je fais partie de ceux qui considèrent que les décisions prises par notre exécutif, parce qu’elles ne sont pas assez ciblées sur les personnes vulnérables, parce qu’elles embrassent trop largement tous les aspects de la vie économique du pays, auront des effets exagérément négatifs sans nécessairement atteindre les buts de santé publique qui sont les leurs.

Précisons également que nous n’exigeons de nos dirigeants ni qu’ils connaissent l’avenir, ni même qu’ils ne se trompent jamais : de quel être humain serait-il réaliste d’attendre de telles qualités ? En revanche, nous attendons d’eux qu’ils soient capables de prendre de la hauteur, d’anticiper ce qui peut l’être, d’analyser l’évolution de la situation et d’en concevoir un plan cohérent et raisonné permettant à la nation de s’organiser en bon ordre afin d’atteindre nos deux buts principaux, sauver les vies de nos concitoyens et limiter la casse économique et sociale.

Quoi qu’il en soit, les communications successives de notre président et de notre premier ministre ajoutent de la confusion à l’anxiété générale, accélèrent la dégradation économique des petits commerces –qui peut raisonnablement se préparer à arrêter son activité en limitant les impacts s’il est prévenu à 20.00 qu’il doit tout arrêter le soir même à 24.00 ?-, brisent la cohérence de l’ensemble du plan –les cinémas, cafés et restaurants doivent fermer samedi à minuit mais les élections sont maintenues le dimanche toute la journée- et, pour tout dire, donnent le signal à notre population que l’exécutif navigue à vue. Pourquoi avoir annoncé la fermeture des écoles sans celle des commerces le jeudi, puis celle des commerces sans annuler le premier tour des élections le samedi ? Est-ce une façon de nous annoncer que le deuxième tour des élections sera annulé, mais alors pourquoi n’avoir pas attendu le dimanche pour faire ces annonces ?

Il est bien entendu des raisons objectives et des explications tout-à-fait justifiées à cette précipitation : l’accélération du rythme de propagation du virus et la volonté d’éviter l’engorgement des hôpitaux. Mais notre nation a besoin que cette crise soit gérée, et non pas subie.

Nicolas Bonleux

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