Dans l’apathie relative où le confinement plonge la plupart d’entre nous, nous suivons le relevé des statistiques dont les médias nous abreuvent. Nous nous efforçons d’utiliser de la manière la plus constructive possible le temps qui subitement nous échoit, malgré l’incommodité des conditions du travail ou de l’école à distance.

Pendant ce temps, le vaisseau France glisse à toute vitesse vers l’abîme. Chaque jour qui passe, chaque décision de prolonger le confinement, nous approchent du désastre, de plus en plus vite à mesure que nous accumulons l’inactivité économique. Cette chute vertigineuse n’éveille pas nos consciences distraites ni n’alerte nos esprits concentrés sur le respect du confinement. Le bon sens et l’esprit critique pourtant légendaires du peuple français semblent s’estomper derrière le consensus de la lutte totale contre la crise sanitaire.

Et pourtant chaque jour qui passe hâte la terrifiante déroute économique vers laquelle nous nous dirigeons tout droit.

La lutte contre la crise sanitaire est et doit être notre priorité. La protection des plus vulnérables d’entre nous est et doit être notre cause nationale. Mais nul ne nous oblige à les mener d’une façon qui dévaste aussi sévèrement notre tissu économique ! Nul ne nous contraint à détruire une si grande partie de notre vie économique pour atteindre cet objectif !

Il est d’autres moyens que la paralysie quasi-totale de notre pays. L’exemple allemand le prouve. Les décisions erratiques prises par nos dirigeants au mois de mars ne sont pas une fatalité. Elles ne sont que le fruit de l’impréparation qui condamne à l’impuissance. L’impréparation du passé se corrige et se surmonte, mais bien entendu chaque jour compte. Inutile d’ajouter que, dans la terrible crise économique qui emportera le monde que nous connaissons, les pays qui relèveront la tête les premiers seront ceux qui n’auront pas négligé l’anticipation ni la planification du redressement.

Notre pays doit immédiatement préparer et déployer un pan de retour à l’activité. Ce plan doit assurer la contention de la propagation du virus comme la protection de nos populations les plus fragiles tout en cadençant un redémarrage rapide.

Cette tâche que nous attendons de nos dirigeants requiert une analyse fine et nuancée, une prise de risque calculée ainsi que de nombreuses mesures liées entre elles par une chaîne complexe d’alertes et de déclenchements. Un geste de courage et d’audace qui revêt sans aucun doute un caractère plus compliqué que celui de confiner sans discernement la France entière, mais qui est la condition de de l’évitement du pire.

Nicolas Bonleux

Dégringolade vers l’abîme

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