Emmanuel Macron a récemment écrit un message dans lequel il fait part de sa « honte » devant des faits reprochés à des policiers.

Il n’est pas question ici de commenter l’acte dont il est question : si des policiers ont outrepassé les limites du cadre que leur fixe la loi, et si de plus ils se sont livrés à des propos racistes, ils doivent être sanctionnés. Je reste bien évidemment prudent sur la nature des faits, car je sais combien nombre de nos médias bien-pensants sont prompts à tourner chaque action policière en acte de sauvagerie gratuite, et j’attends le résultat de l’enquête avant de me prononcer à leur sujet.

En revanche le message d’Emmanuel Macron, qui, lui, a déjà été distribué, trahit une erreur d’appréciation du rôle du Président de la République dans la nouvelle situation que connaît la France aujourd’hui.

Le rôle du Président de la République est de garantir l’équilibre entre les différentes composantes de notre nation. A ce titre, nous attendons de lui que, par ses prises de position, il tempère les excès des mouvements les plus néfastes qui traversent nos sociétés.

Et l’équilibre des forces dans la France d’aujourd’hui n’est plus en faveur des forces de l’ordre –ni, d’une manière générale, des représentants de l’autorité de l’Etat. Il est patent que depuis quelques années les diversitaires, égalitaires, libertaires, racialistes, et autres communautaristes de tous ordres, appuyés par une profonde sympathie des médias dominants, ont gagné l’avantage dans la guerre pour le contrôle de l’opinion. Ce n’est pas à dire, bien sûr, que l’union de la majorité silencieuse leur soit acquise –bien au contraire !- mais leur voix est prédominante dans les médias. Et le discours qui y est désormais véhiculé ne s’y embarrasse même plus des apparences du respect pour ceux qui incarnent l’autorité de l’Etat (je ne mentionne évidemment même pas la reconnaissance pour la nécessité vitale de la mission des forces de l’ordre, ni l’objectivité dans le traitement de l’information, qui ont été abandonnées depuis longtemps).

Puisque le Président de la République a jugé pertinent de se manifester au sujet de cette affaire, nous considérons que son intervention aurait été plus avisée si elle avait défendu les forces de l’ordre. Il aurait ainsi contribué à rétablir un déséquilibre, au lieu d’accentuer celui en place. Nous notons qu’il a pris soin, dans le même message, de rappeler qu’il attend des citoyens qu’ils se comportent de façon exemplaire à l’égard des forces de l’ordre. Nous l’en créditons volontiers, tout en remarquant que les mots qu’il emploie au détriment des forces de l’ordre sont autrement plus blessants que ceux qu’il emploie en leur faveur.

Nous avions espéré que les récents meurtres islamistes, suite d’une trop longue série, avaient fini par dessiller son regard sur les immenses risques dans lesquels l’angélisme de la plupart de nos élites avait plongé notre pays. Nous espérons que l’atavisme soixante-huitard ne reprendra pas le dessus.

Nicolas Bonleux

La honte d’Emmanuel Macron : une erreur d’appréciation

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