Le président Macron a parlé à la jeunesse française. Il aurait mieux fait de se taire.

Nous le disons avec d’autant plus de lucidité que d’une part, nous sommes parmi les premiers à nous inquiéter de la désaffection de notre jeunesse pour l’engagement citoyen, et nous considérons qu’il est important que notre société, et notamment le premier d’entre nous, lui parle ; d’autre part, nous estimons que notre jeunesse est l’injuste sacrifiée de la réaction aveugle et disproportionnée de notre exécutif à l’épidémie de Covid, et qu’elle mérite de ce point de vue une attention accrue. Nous nous félicitions donc de l’initiative qu’avait prise le président Macron de parler à notre jeunesse.

Mais dans notre esprit lui parler, c’est lui tracer des perspectives, lui expliquer l’éminente contribution qu’elle peut apporter à la construction de notre pays, lui dire pourquoi et comment son engagement est tellement précieux pour notre nation, l’aider à se doter de l’armature mentale qui lui sera nécessaire à surmonter l’abîme où nos gouvernants l’ont injustement plongée dans leur gestion de l’épidémie. Lui parler, c’est lui permettre de de trouver en elle-même le chemin de l’enracinement dans nos territoires et dans notre culture, qui seules permettent un avenir fécond pour notre pays comme pour elle-même.

Lui parler ce n’est pas inculquer en elle le poison de la défiance à l’égard de nos forces de l’ordre, ce n’est pas flatter les tendances communautaristes, racialistes ni identitaires que les médias dominants lui distillent continuellement. Lui parler ce n’est pas lui offrir comme exutoire à son mal-être la vaine et périlleuse illusion diversitaire et égalitaire chère aux anglo-saxons.

Le rôle de notre président est de rassembler tout notre peuple, au premier rang duquel sa jeunesse, dans l’édification d’un avenir commun, pas de le diviser dans des biais stériles.

Le président Macron nous avait gratifiés ces dernières semaines de quelques discours qui nous laissaient espérer qu’il avait réussi à surmonter l’idéologie gauchiste cosmopolite qui l’a éduqué et porté au pouvoir. Malheureusement les traits du financier socialiste apatride post soixante-huitard réapparaissent en force sous le visage avenant de celui qui est supposé incarner l’unité nationale.

Nous ne sous-estimons pas la difficulté de l’exercice qui consiste à trouver les mots pour parler à notre nation, et en particulier à sa jeunesse exigeante et avide de changements. Mais nous jugeons que, les jours où ces mots ne viennent pas, il est préférable de se taire.

Nicolas Bonleux

Macron ou l’apologie du communautarisme

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